On m'a vendu le contrat comme une armure. Un potager en permaculture dit autre chose
Une conversation récente avec un ingénieur devenu jardinier en permaculture m'a donné une autre image du contrat que celle de l'armure : un potager où chaque espèce joue plusieurs rôles, et où personne ne gagne vraiment contre les autres.
On m’a longtemps vendu le contrat comme une armure. Une conversation récente m’a donné une autre image.
Un potager, pas un champ de bataille
Mon interlocuteur est ingénieur, quarante ans de chantiers derrière lui, et depuis quelques années un potager en permaculture chez lui. C’est là, dit-il, qu’il a retrouvé son métier de Contract Manager.
Un potager en permaculture ne se pilote pas à coups d’insecticide. On y assemble des plantes, des insectes, des micro-organismes, des savoir-faire. Chaque espèce y joue plusieurs rôles à la fois : nourrir, protéger, fertiliser, réguler. Personne n’y travaille seul. Le système fonctionne parce qu’il coopère.
L’un avec l’autre, pas l’un contre l’autre
Un contrat devrait lui ressembler. Le maître d’ouvrage, l’entreprise, les sous-traitants, le juriste, le planificateur : chacun porte plusieurs fonctions, et aucun ne gagne vraiment contre les autres. « L’un avec l’autre, pas l’un contre l’autre », m’a-t-il résumé. Les projets qui se sont joués l’un contre l’autre, il en a vu la fin. Elle n’est jamais belle.
La règle du sans apport extérieur
Le plus beau, dans ce jardin, c’est la règle du sans apport extérieur. Pas d’engrais venu d’ailleurs : on nourrit la terre avec ce qu’on a sur place. Traduite côté contrat, cette règle devient une discipline exigeante : on règle les différends au niveau du projet, entre celles et ceux qui le vivent, sans attendre que les avocats tranchent ni que la décision remonte aux directions de chaque maison. Un différend qu’on expédie vers l’extérieur, c’est de l’énergie qui part en chaleur, et de l’argent qui ne sert à rien.
Un bon contrat ne cherche pas à l’emporter sur l’autre partie. Il crée les conditions pour que tout le monde arrive à bon port.
Ce potager est résilient parce qu’il est vivant. Le vôtre de contrat, il ressemble à quoi — à une armure, ou à un écosystème ?
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